PERSE, vers 1840. DECORATION AU PORTRAIT ROYAL

Lot 223
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PERSE, vers 1840. DECORATION AU PORTRAIT ROYAL
PERSE, vers 1840. DECORATION AU PORTRAIT ROYAL Plaque en vermeil, repercé, travaillé à pointes de diamant Le centre en émail peint du portrait du souverain Muhammad Shah Qâjâr (r. 1834-1848) en buste, le visage encadré de deux médaillons inscrits « al-Sultan ibn al-Sultan Muhammad Shah Qâjâr ». Revers à deux crochets et attache basculante. Poids brut : 50 g. Dimensions : 85 x 75 mm. T.T.B. A Qajar gilt and enameled silver decoration with the portrait of Muhammad Shah Qajar, Persia, circa 1840 Lot présenté conjointement avec Madame Camille CELIER, expert CEA en arts de l’Islam. Provenance : -Comte Édouard de Sercey, chef de l’ambassade extraordinaire en Perse en 1839-1840. -Sa fille Félicie de Sercey, puis par descendance. Historique : Le comte Edouard de Sercey, envoyé comme ambassadeur en Perse, renoua le lien diplomatique entre la France et la Perse, et fut reçu à plusieurs reprises par le Shah qui lui montra beaucoup de bonté et de bienveillance. D’après la Revue de l'Orient, lorsqu’il quitta la Cour perse, le Shah lui envoya « son portrait entouré de diamants ce qui est la plus grande des faveurs et la première décoration du pays ». On ne sait pas si notre plaque fut donnée « diamantée » ou si elle fut débarrassée de ses diamants postérieurement mais la forme de celle-ci reprend celle des plaques précoces de l’ordre du Lion et du Soleil vers 1830. Notre plaque évoque également la décoration du Portrait (Temtâl-e Homâyûn) créée par Nasser ed-din Shah en 1856 et remise aux grands dignitaires de la Cour. Ces décorations étaient elles aussi garnies de diamants et de pierres précieusesLa tradition de remettre un portrait du souverain comme distinction suprême existait avant la création officielle de cette décoration comme le prouve notre plaque. Œuvres en rapport : -Collection Spada exposée au Musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie, « Insigne au portrait de Nasser al-din Shah », inv 246. - On consultera également l’ensemble du Lion et du Soleil remis par le Shah à Sir John Kinneir Macdonald (Collection Khalili de Londres) pour une plaque de forme similaire à la nôtre. Biographies : Edouard de Sercey (1802-1881) Fils de l'amiral marquis Pierre César Charles de Sercey, Edouard de Sercey est diplomate à Saint-Pétersbourg lorsqu'il est nommé le 4 octobre 1839 par le ministère des Affaires étrangères chef d'une mission en Perse. Celle-ci a pour objectif de rétablir les relations brisées depuis plusieurs décennies entre la France et le souverain perse. Partie de Toulon le 30 octobre sur le Véloce, l'ambassade qui rassemble un grand nombre d’hommes dont l’architecte Pascal Coste et le peintre Eugène Flandin arrive à destination le 11 janvier 1840 après un long séjour en Turquie. Plusieurs étapes rythment le voyage du diplomate en Perse avant que l’ambassade ne soit reçue avec les grands honneurs par Muhammad Shah Qajar puis son vizir Mirza Agaci à la cour d’Ispahan le 8 avril. Les deux mois que passent Sercey à Ispahan lui offrent nombreuses occasions de visites au Shah qui lui permettent de comprendre le jeu diplomatique des Russes et des Britanniques. En mai 1840, l’ambassade se sépare en trois groupes envoyés dans différentes contrées de Perse. Celui de Sercey, accompagné de Chazelles, Lachèze, Kasimirski et de l'abbé Scoffi, quitte Ispahan au début de 1841 pour Murat, Kermanshah et les montagnes du Zagros. Une fois leur mission achevée, ils regagnent ensuite l’Europe en passant par l’Irak, la Syrie et la Turquie. Muhammad Shah Qâjâr (1808-1848) accède au trône de Perse le 23 octobre 1834 pour devenir le troisième souverain de la dynastie Qâjar à la suite de son grand-père Fath ‘Ali Shah. Il connait un règne complexe, terni par des querelles de succession ainsi que des difficultés en Afghanistan lors du siège de Herat (1837-1838) dans le contexte du Grand Jeu. Il doit aussi affronter l’émergence du mouvement messianique et réformateur du babisme qui créé une rupture avec l’islam chiite alors dominant et chamboule la société persane. Il meurt de la goutte à l’âge de 40 ans. Bibliographie : -Revue de l’Orient, Bulletin de la Société Orientale, Tome II, Paris, 1846, p 106. -Encyclopedia Iranica, article “decorations” https://www.iranicaonline.org/articles/decorations
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